Vêtement et Alimentation des Pères-Blancs (Charles Lavigerie)

Vêtement et Alimentation des Pères-Blancs (Charles Lavigerie)

 

Comme dans toutes les communautés religieuses, les Missionnaires d’Afrique étaient soumis à la "Règle". En voici un extrait cité par leur fondateur Charles Lavigerie :

 

 

DE LA VIE MATÉRIELLE DANS LA SOCIÉTÉ (DES MISSIONNAIRES D’AFRIQUE)

 

« Quoique la vie matérielle et les règles qui doivent la diriger soient accessoires dans la Société, cependant les règles en déterminent les points essentiels, afin que, d’une part, il y ait uniformité et que, de l’autre; le bien soit rendu plus facile.

           

L’esprit, qui préside à tout, est de se rapprocher, autant qu’on le peut, du genre de vie des indigènes. Sans cela, la Mission ne serait plus possible ; tant parce qu’on ne pourrait, dans bien des lieux, se procurer les choses nécessaires, que parce qu’il faudrait les payer, partout, à un tel prix que les ressources de la mission seraient bientôt épuisées.

           

Nous allons donc énumérer succinctement ce qui regarde le logement, l’ameublement, le vêtement, la nourriture, la langue dont se servent les Missionnaires, faisant observer que l’on détermine ici ce qu’il n’est point permis de dépasser, mais laissant la liberté de se renfermer, pour ce qui regarde les choses personnelles, dans une plus étroite limite, si la santé le permet. Sans mortification, en effet, il n’y a pas de vertu véritablement apostolique.

           

 

VÊTEMENT. — Le vêtement et le linge de chacun appartient en propre aux Missionnaires. Il n’y a pas de lingerie commune.

           

Dans l’Afrique du nord, le vêtement est celui des indigènes. Il se compose :

·         D’une robe ou gandoura et d’un burnous ; le tout en laine blanche ;

·         D’un rosaire sans chaîne, autour du cou et terminé par une croix formée par les grains-mêmes du chapelet ;

·         D’un kaïk et de sa corde, ou d’une chéchia en laine rouge ;

·         D’une culotte de toile ou de drap ;

·         Les bas, si on en porte, sont blancs.

·         On tient compte, pour la forme des souliers, des usages et exigences des diverses localités.

           

Dans les paroisses européennes et dans les Missions situées en dehors de l’Afrique du Nord, les Missionnaires peuvent, si cela est jugé nécessaire, porter, sur leur habit blanc , un surtout noir, comme les ecclésiastiques séculiers.

           

L’uniformité existe dans le costume entre tous les missionnaires, selon les divers lieux où ils se trouvent, et les Supérieurs ne permettent pas qu’il y soit changé quoi que ce soit par les particuliers.

           

Les Missionnaires prennent l’habit de la Société dès le noviciat, immédiatement après la retraite qu’ils font lors de leur entrée. Ils ne le quittent plus, ensuite, sans la permission expresse de leurs Supérieurs.

 

 

ALIMENTATION. — Elle est saine et suffisante, mais pauvre et aussi semblable, que possible à celle des indigènes.

           

Les Missionnaires se souviennent qu’ils vivent d’aumônes, et que leur pain leur est donné par de pauvres catholiques qui prennent, pour cela, sur leur nécessaire.

           

Leur vie devant être, par elle-même, une rude et perpétuelle, pénitence, ils n’ont point d’autre jour de jeûnes et d’abstinence que ceux commandés par l’Église.

           

Dans les Maisons où il y a au moins trois Missionnaires prêtres, on lit tout le temps du repas quelque livre qui ait trait à l’Afrique et aux Missions. Chacun des trois Missionnaires, lit pendant le tiers du repas. Dans celles où il n’y a qu’un moindre nombre de Missionnaires prêtres, on lit, au commencement du repas, dix versets d’Écriture-Sainte et, à la fin, deux versets de l’Imitation.

  

L’Écriture-Sainte se lit toujours dans l’une des langues indigènes.

           

En cas de maladie, on donne aux malades tout ce qui leur est nécessaire, si le Missionnaire a pris sa maladie du service de l’Œuvre ; mais on ne garde pas les novices en probation s’ils sont habituellement malades et s’ils ont besoin d’un régime à part. »

 

 

†Charles*

Archevêque d’Alger, délégué apostolique

 

 

* Charles Lavigerie

 

Lettre de MGR  l’Archevêque d’Alger à un Séminariste de Belgique

 

Bureau de l’Œuvre des Écoles d’Orient

Paris

1880

 

René Gauthier (Père-Blanc) Photo Louis Larocque

 

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