MON PERE ET SON HISTOIRE DE GRILLON

 

Mon père ne m’a guère raconté d’histoires. Pourtant il y en a une dont je me souviens.

C’est celle d’un grillon qui chantait le bonheur d’un foyer et il y mettait toute son énergie !

D’où mon père tenait-il cette histoire ? Il n’avait sans doute pas lu "Le grillon du foyer" de Charles Dickens traduit en 1959 ( d’après mon exemplaire ) mais peut-être, avait-il entendu une version radiophonique car le poste de radio à lampes trônait entre le lit de mes parents et la cheminée.

Voici la version écrite par Charles Dickens :

"… le grillon joignit sa chanson à celle de la bouilloire avec un cri, cri, chirrup, chirrup, chirrup d’une telle ampleur en guise de refrain, d’une voix tellement disproportionnée à sa taille comparée à celle de la bouilloire, que s’il avait éclaté comme un pistolet trop chargé, s’il s’était abattu sur place, victime de son ardeur, on eût trouvé cette fin naturelle et inévitable.

La bouilloire en avait fini de son solo musical; elle continuait bien avec la même vigueur, mais le grillon jouait à présent le premier violon dans le concert et il soutint son rôle. Juste ciel, comme il grésillonnait! Son timbre aigu, perçant, résonnait à travers la demeure; on eût dit qu’il scintillait dans les ténèbres comme une étoile. C’était un trille indescriptible, une sorte de trémolo. Et quand il y mettait toutes ses forces, on pouvait croire qu’il était enlevé par son élan et se reprenait à bondir. Ils s’accordaient fort bien, le grillon et la bouilloire ; leur chant montait, montait sans cesse dans une commune émulation. "

Oh là ! quelle vigueur pour ce couple plus que bizarre : un grillon et une bouilloire !

Mais dans le livre de Charles Dickens, j’ai fait une découverte :

"Que ce chant de la bouilloire fût une invitation, une promesse de bienvenue à quelqu’un au dehors, à quelqu’un qui, en ce moment, s’approchait de la confortable demeure et de son feu pétillant, on n’en pouvait douter. Madame Peerybingle le savait parfaitement, tandis qu’elle songeait, assise devant l’âtre. « La nuit est noire, lui murmurait la bouilloire, les feuilles mortes couvrent les bords des chemins. En haut, tout est brume et ténèbres; en bas, bourbiers et argile collante. Un point de réconfort dans ce paysage sinistre, et encore, ce n’est qu’une lueur d’un cramoisi ardent, là-bas où le soleil et le vent s’unissent pour marquer d’une pointe de feu les nuages coupables de ce mauvais temps. Toute la campagne n’est qu’une vaste ligne grise et terne; il y a du givre sur les poteaux, de la boue gelée sur le sol; la glace est presque de l’eau et l’eau n’est plus tout à fait liquide. Rien n’est exactement ce qu’il devrait être, mais il* arrive, il* arrive ! » "

*Ce voyageur dont la bouilloire a pitié, c’est un bon vieux monsieur qui ne demandait qu’une chaise au coin du feu…

Et comme le mari de Madame Peerybingle, moi le lecteur, je ne découvrirai que tard (trop tard ?) ″que ce vieux monsieur (qui n’était plus vieux) se redressait beau et fier. Il tenait en sa main sa perruque blanche…″

 Tout être humain a une part de lui-même qu’il ne tient pas à dévoiler.

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2 commentaires pour MON PERE ET SON HISTOIRE DE GRILLON

  1. malik's dit :

    rare de trouver des blog avec des chose interressantes….le tiens si…
     
     
    merci
     
    j\’aimerai echanger de mail avec toi
    vous si vous voullais
     

  2. malik's dit :

    akerfi1975@hotmail.fr
    a tres bientot
     

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