En randonnée dans les environs de Cancale.

 

Le sentier des douaniers de la pointe du Grouin à Cherrueix

 

De la pointe du Grouin au château Richeux

La pointe du Grouin, domaine départemental protégé, au-delà du sémaphore et de l’héliport,  offre  au promeneur un point de vue d’une grande qualité : mer verte, rochers naturellement sculptés dans le sillage de la côte, grotte et phare du Herpin sur l’île des Landes. Cette réserve ornithologique sur laquelle veille la SEPNB a reconverti le blockhaus du Grouin en poste d’observation : la lunette y a remplacé le fusil ou le canon.

Port-Mer et sa plage rendent hommage aux frères Feyen (Auguste, 1815-1908, et Eugène, l826-188), artistes peintres, et Jules Leclerc, marin dit « Bleu pâle », poète des terre-neuvas (1882-1949) et connu pour ses chants de mer. La pointe est ponctuée de blockhaus allemands de la Seconde Guerre mondiale.

Après avoir dépassé Port-Pican puis Port-Briac, en suivant la côte marquée par les pins à l’air penché, comme attirés par la mer, le promeneur doit rendre hommage aux Amis du chemin de ronde et à leur volonté de faire revivre le sentier du douanier. Jouxtant le rocher de Cancale, naturellement sculpté, un fort en pierre fut édifié sur l’île des Rimains, aujourd’hui propriété privée, pour protéger la ville à la suite des attaques anglaises. Son infrastructure basse avec enceinte épouse la roche.

Toutefois, dès le début du XVIIIème siècle, l’ingénieur  militaire  Garangeau, conscient de l’importance stratégique de l’île des Rimains, qui, en avancée de Cancale, permettait d’exercer une surveillance efficace sur le chenal, soumettait à Vauban le projet de construction d’un fort. Il faudra attendre plus de soixante-dix ans et la menace anglaise de débarquer pour que le projet soit repris et exécuté.

Cancale fut dans le passé une ville soumise aux attaques des pillards (1758-1779) puis des Anglais. La grande pêche et la pêche côtière y sont pratiquées. Pour celle-ci, fut construite au XIXème siècle une embarcation appelée « bisquine».

La rue des Fours-à-Chaux, l’impasse de la Congrière, dotée d’une enseigne évocatrice, contribuent à cette toponymie parlante.

Tout comme les marais salants caractérisent la côte guérandaise, les parcs à huîtres structurent par leur maillage la baie, divisée, comme le cimetière, en concessions (près de 1000) sur environ 370 ha.

De la pointe des Crolles ou du môle de la Fenêtre, le point de vue sur le rocher de Cancale et l’île des Rimains, située dans son prolongement, ne rend pas compte de leur diversité.

Les bisquines cancalaises permettaient au début du siècle de draguer les bancs d’huîtres de la baie du Mont-Saint-Michel. La voilure  de la bisquine  est immense, la plus importante des voilures des bateaux de pêche. La cancalaise est une réplique à l’identique des voiliers traditionnels. Prête à prendre la mer en 1987, elle navigue depuis cette date, sous les regards fiers de tous les Cancalais qui ont contribué, par une souscription, à sa construction.

 

De Saint-Benoît­-des-Ondes à Cherrueix

Sortir de Cancale par l’anse de l’Aurore donne le ton : Si cette anse de la Rivière "doit son origine à Saint Méen, le musée de l’Huître, situé côté mer, raconte son histoire et celle des techniques liées à son dragage, sa croissance, sa récolte, libre jusqu’au XXIIIème siècle (1787).

« Nous glissions sur la vase tiède où nos pieds nous enfonçaient jusqu’à la cheville. De place en place, dans les flaques d’eau encloses de carrés de galets, quelques huîtres dormaient dans leurs vertes coquilles comme des gens qui font la sieste, les jalousies fermées » (Flaubert).

À côté des bisquines, il existe à Cancale une autre institution la table de M. Rollinger.

À Saint-Benoit-des-Ondes, le sentier devient digue. Celle dite de la Duchesse­ Anne et datant du XIXème siècle permet, après Cancale, de cheminer des Nielles jusqu’à la chapelle Sainte-Anne de Cher­rueix en longeant les pré-salés et en pas­sant au Vivier-sur-Mer, connu pour ses élevages de moules ou bouchots et ses pêcheries fixes en bois en forme de chapeau de gendarme. Cherrueix a conservé un habitat traditionnel à toits de chaume et des moulins à vent. La chapelle Sainte-Anne, qui date du XVIIème siècle, campe seule face à la mer et fonctionne comme lieu de pèlerinage. Au large, des millions de vers marins, appelés hermelles, constituent presque des récifs en habitant ces sables. Au fond de la baie, la tangue ou les herbus constituent de vastes étendues plates qui conviennent aux pré-salés.

 

Le sentier des douaniers en Bretagne

Éditions Ouest-France

Texte : Dominique IRVOAS-DANTEC

(et non Jacqueline CANTALOUBE, comme indiqué sur la couverture !)

 

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